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À PROPOS

J'ai pratiqué la photographie dès l'adolescence, de façon simple, sans avoir conscience de la porte d'entrée que cela représentait.

C'était le moyen d’expérimenter des notions artistiques de base sans se préoccuper de la technique ou de l'idée d'esthétique.

 

Je pense être toujours parti du principe que le médium va permettre de mettre en forme une idée, il faut trouver les moyens les plus adaptés au moment donné.

Diplômé en 1997 de l’école des Beaux-Arts de Rennes, j'ai pratiqué le dessin, bien-sûr, la gravure, la peinture et la sculpture.

La découverte de la peinture a été un choc, d'un point de vue émotionnel. Elle a toujours gardé une place à part, même quand je ne la pratiquais pas, elle était là, proche.

 

Ma manière de voir les choses transpire naturellement, quelque soit le moyen d'expression.

Pour moi, la photographie a un rapport assez direct au monde qui nous entoure. Quant à la peinture elle me permet d’emprunter des chemins plus sinueux.

Devant l'objectif, la réalité architecturale ou industrielle s'est souvent imposée, j'ai le choix de cadrer ou non cette géométrie qui me structure.

L'image papier n'est-elle finalement que l'empreinte d'un environnement mental, ou a-t-elle permis la formation d'une matrice artistique plus large.

 

Dans ma peinture, je ne représente pas, il s'agit de dépasser les apparences, d'évoquer, dans le sens où je convoque la matière plastique pour mettre en forme une proposition visuelle qui peut sembler familière, mais qu'on se surprend à ne pas reconnaître.

S'il était possible de faire la synthèse d'un ressenti, ce serait proposer un condensé de géométrie, de couleurs, de lumières et d'atmosphères

Je pense me situer à la jonction entre formes géométriques et lumière. La géométrie n’est pas une fin en soi, elle se situe à la fois dans la forme et la composition. Au-delà de la rigueur qu’elle peut amener, c’est la dynamique qu’elle sous-tend qui me séduit. La ligne structure, délimite ou au contraire dessine une direction.


Forme, lumière et espace peuvent être perçus comme un tout.

Ces trois éléments sont complémentaires et indivisibles. La lumière va permettre à la géométrie de trouver sa place omniprésente dans l’espace et inversement, la géométrie matérialise la lumière dans l’espace.

La couleur a une place privilégiée dans mon travail. Loin d'une quelconque symbolique, à travers mes peintures que je qualifierais d’abstraites, je cherche à générer des sensations, établir des connexions entre la couleur et l’inconscient, faire naviguer entre instinct et réflexion. Mes phases de travail évoluent entre ces deux extrêmes pour dépasser la rigidité de la géométrie.

De même, le grand format est un moyen supplémentaire d'amener à une rencontre plus physique avec la peinture.

 

Il m'a semblé naturel de relier mon questionnement sur l'espace géométrique avec la surface peinte et la matérialité du support.

Le cadre devient donc changeant pour dépasser la stabilité de la forme peinte en deux dimensions.

Ce que j'appelle la « destructuration » de la surface, permet peut-être d'aborder l'idée de volume ou de relief, tout en gardant la frontalité classique de la peinture.

 

Je souhaite toujours travailler avec les éléments plastiques les plus simples, mais qui sont pour moi les plus essentiels. Détaché de l'artifice de la perspective, je tente ainsi de questionner l'espace autrement.

Une simple ligne sur une surface est déjà une trace, l'empreinte d'un outil, voire d'un geste.

Cette ligne, pourra aller jusqu'à désigner un espace.

La matière me permet de révéler plus ou moins des états changeants.

 

La lumière peut être forme, couleur, mais aussi reflet, transparence, ombre, empreinte. Ces quatre états de la lumière nous conduisent à appréhender les choses au regard d'une certaine instabilité.

Le reflet nous renvoie à la frontalité, à nous-même, alors que la transparence laisse entrevoir un après, un au-delà, une altérité.

L'empreinte révèle un passage sur une surface sensible, trahit une forme par son absence, l'ombre enveloppe, dissimule ; la nuance s'efface devant la dureté du contraste fort.

 

Eric*Hubert